Soutiens

Péter Eötvös

Compositeur de renommée internationale
Directeur artistique de l’Ensemble intercontemporain entre 1979 et 1991
Principal chef invité de l’Orchestre symphonique de la BBC de 1985 à 1988
Commandeur des Arts et des Lettres
Membre de l’Académie des arts de Berlin
Grand Prix Antoine Livio de la Presse musicale internationale en 2006

« Je souhaite, par la présente, apporter mon soutien aux Conservatoire et Orchestre de Caen qui m’ont consacré un magnifique portrait en 2009. Je garde un excellent souvenir des excellentes conditions de ce festival et du contact chaleureux avec les organisateurs. »

Jean-Louis Agobet

Compositeur
Professeur de composition au Conservatoire de Bordeaux
Ancien professeur de composition
Président de la commission de la Musique Symphonique de la SACEM entre 2012 et 2015
Invité lors d’AMA 2010
Pensionnaire de la Villa Médicis à Rome entre 1996-1998
Prix du meilleur enregistrement de l’année aux Victoires de la musique classique en 2006

Bordeaux, le 10 mai 2016.

Chers amis du Conservatoire et de l’Orchestre de Caen,

Je suis depuis quelques semaines la situation très inquiétante dans laquelle se trouve le Conservatoire et l’Orchestre de Caen, ainsi que les manifestations publiques qui y sont associées.

Vous le savez, je connais bien le Conservatoire de Caen depuis 2008, j’y ai enseigné, assuré des responsabilités au sein de l’équipe de direction, je connais aussi et apprécie l’orchestre qui a créé et joué régulièrement mes œuvres et avec lequel j’ai régulièrement travaillé, en particulier pour les actions éducatives.

Aujourd’hui, le projet même du Conservatoire et de l’Orchestre est remis en cause par le refus, semble t-il de la collectivité, d’assumer dans les conditions minimums les missions essentielles d’un tel établissement ; la formation, la diffusion, la sensibilisation de tous les publics et la création. Il est aussi le lieu ressources de la collectivité dans ces domaines.

Cette perspective n’est pas acceptable dans un contexte qui peut être difficile, mais où il a été largement démontré que la culture et l’enseignement artistique sont garants du projet social et éducatif (au sens large) de la collectivité.

Le Conservatoire et l’Orchestre de Caen sont des acteurs essentiels, incontournables de la Ville de Caen, de sa vie artistique et de son rayonnement. Je pense particulièrement au festival Aspects des Musiques d’Aujourd’hui qui m’a fait l’honneur de m’inviter en 2010. Avec les festivals Manca de Nice et Musica à Strasbourg, Aspects des Musiques d’Aujourd’hui est le plus ancien festival français dédié à la création musicale.

Depuis 1982, sous des formes diverses, il a su donner au public Caennais et plus largement aux amateurs de musique contemporaine français et étrangers, un panorama vivant et varié de la création musicale. Il a su également être un vecteur essentiel de l’accessibilité au plus grand nombre des musiques d’aujourd’hui.

Ne plus permettre au Caennais de se former quel que que soient leurs niveaux et leurs ambitions, de s’épanouir par la musique, de découvrir et d’écouter des artistes de premier plan, des compositeurs, aux esthétiques les plus diverses dans les meilleures conditions, serait une erreur majeure et vous pouvez compter sur mon soutien pour faire en sorte que les instances politiques en charge renoncent a remettre en cause le projet du Conservatoire et de l’Orchestre de Caen.

Avec toute mon amitié.

Eric Tanguy

Compositeur
Pensionnaire de la Villa Médicis en 1992
Invité lors d’AMA 2007
Compositeur de l’année aux Victoires de la musique classique 2004 et 2008

Comme de nombreux musiciens, je suis particulièrement préoccupé par la situation de l’Orchestre de Caen et de celle des professeurs du Conservatoire. Né à Caen en 1968, j’ai eu la très grande chance d’y effectuer mes études musicales à partir du début des années 80. J’ai pu ainsi bénéficier d’un enseignement de très grande qualité (violon, musique de chambre, orchestre, analyse, écriture, solfège) et de participer activement à la vie du Conservatoire. Cette formation musicale très solide m’a permis, par la suite, de réaliser mon rêve en entrant en 1988 dans la classe de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et d’y obtenir un premier prix de composition en 1992. J’avais, quelques années auparavant eu l’intense bonheur d’assister à Caen à la naissance du festival « Aspects des musiques d’Aujourd’hui », de pouvoir y entendre les plus grands créateurs de notre époque et d’y rencontrer mon futur professeur : Ivo Malec.

Lors de ma nomination à la Villa Medicis en 1992, après avoir remporté le prestigieux concours de Rome, je me souviens, à l’occasion d’une cérémonie organisée à la Mairie de Caen, de l’immense joie de ceux qui avaient été mes professeurs bienveillants et du bonheur d’y retrouver Rodrigue Milosi (alors violon solo de l’Orchestre et cousin de mon Maître Radulescu,) ou Yvon Quénéa, qui furent les tout premiers interprètes de ma musique.

De retour d’Italie, il y a plus de 20 ans, tout en parcourant la planète, je n’ai cessé de collaborer régulièrement avec l’Orchestre de Caen et de revenir écouter les concerts de ce magnifique orchestre auquel je suis particulièrement attaché.

La boucle fut « bouclée » lorsque Stéphane Béchy consacra en 2007 la 35ème édition du festival à ma musique. Ce festival, devenu référence internationale en matière de création musicale, avait été, dès sa première édition, à l’origine de ma vocation de créateur. En 2013, j’ai retrouvé à nouveau Stéphane Béchy et mes amis de l’orchestre dans le cadre du Festival d’orgue, pour la création de mon Concerto pour orgue et orchestre, sous la direction prestigieuse de Vahan Mardirossian.

Je n’ose maintenant imaginer que le concert incluant l’une de mes pièces la saison prochaine, soit le dernier d’une si belle et fructueuse collaboration. Aujourd’hui, alors que ma musique bénéficie d’une grande diffusion à travers le monde, je sais ce que cette notoriété doit aussi à mes années d’apprentissage et d’émerveillement au contact des fantastiques professeurs du conservatoire.

Je leur apporte tout mon soutien avec affection et admiration en espérant vivement que tous les moyens soient mis en œuvre pour préserver l’extraordinaire esprit d’excellence, de continuité et d’innovation qui caractérisent l’Orchestre de Caen.

Mark Foster

Chef d’orchestre
Chevalier des Arts et Lettres

Monsieur le Maire de Caen , Président de Caen-la-mer,
Je trouve aussi regrettable qu’erronée votre intention de réduire aussi fortement la capacité de diffusion de l’Orchestre de Caen.
Depuis plus de cinquante ans, cette structure a apporté du bonheur et de la culture vivante dans votre ville. En tant qu’ancien chef principal de l’Orchestre de Caen, je puis vous témoigner du bonheur que j’ai pu véhiculer auprès du public grâce à ses excellents musiciens, ce qui a contribué, à l’épanouissement de tous vos anciens, et potentiels électeurs.
En ce moment où la France a besoin d’une chaleureuse fraternité, afin que tous puissent s’intégrer, votre décision me paraît problématique de mettre ainsi à mal un projet fédérateur qui perdure avec succès depuis tant d’années.

Alain Louvier

Ancien directeur du CNSMD de Paris
Ancien directeur du CNR de Boulogne-Billancourt

L’orchestre de Caen présente depuis des années une originalité rare : allier pédagogie et diffusion professionnelle. C’est un acteur majeur de la création musicale qui ne doit pas disparaitre.

Stéphanie-Marie Degand

Soliste internationale
Professeure au CNSMD de Paris

« La récession c’est quand votre voisin perd son emploi ; la dépression c’est quand vous perdez le vôtre » Truman

Je ressens en pleine âme la récession dépressive, lorsque je lis que ce conservatoire qui m’a permis de devenir ce que je suis aujourd’hui va se mettre en grève pour la première fois de son histoire.
Si l’on remet en question lâchement, en asséchant régulièrement et vertigineusement ses budgets, la raison d’être du Conservatoire à Rayonnement Régional de Caen, l’empêchant ainsi de fonctionner, humiliant implicitement ses équipes pédagogiques et administratives, c’est comme si on détruisait tout le possible qui a été le mien, moi fille de visiteur médical et d’une mère sans salaire, débarquant à 6 ans dans cette ville sans réseau particulier.
Dans ce conservatoire, j’ai grandi, on m’a formée, développée, initiée. J’y ai rencontré des personnalités exceptionnelles, tant parmi mes professeurs que parmi mes copains de promo, qui ont comme moi bénéficié de cette chance sans barrières autres qu’une file d’attente aux inscriptions.
J’y ai découvert la création, la musique ancienne, la ferveur de la pratique orchestrale sur scène et dans la salle. J’ai vu les professeurs qui nous enseignaient monter sur scène et jouer ensemble dirigés par leurs collègues, se dépasser dans des concertos, s’éclater dans des œuvres de musique de chambre et dans des projets transversaux, et se passionner tous les ans dans un festival de musique contemporaine. J’allais aux concerts, de plus dans un bâtiment exceptionnel.
Vous me direz, c’était il y a …biiiiiiiiiiip… années ?
Sauf que je suis revenue y enseigner, 7 années, récemment.
J’ai donc retrouvé les mêmes possibles, dans une même démocratie. Un outil où toute personne désirante peut proposer, élève ou enseignant.
Et puis j’ai commencé à vivre de l’intérieur le désarroi face au désengagement, les peurs, les tensions que cela fait immédiatement naître. Incompréhension totale de chacun : salles combles, programmation sans faille, efficience et justice des moyens humains et des potentiels artistiques. Un harcèlement moral à grande échelle, en quelque sorte.
C’est vrai que depuis, je suis partie pour une autre maison tout aussi magnifique, tranche d’âge suivante et projets plus déterminés, le CNSM de Paris.
Mais je sais qu’on cherche, sans AUCUNE raison justifiable, à démanteler le fonctionnement vertueux par les mille preuves (dont j’en suis une « sur pied » je crois) de ce conservatoire, à partir duquel se fonde un orchestre, une saison et des festivals, cette île de transmission et d’élévation, dans ce monde à l’actualité incroyablement violente qui plus est.
Messieurs les élus, êtes-vous fous? Avez-vous perdu la tête? Le sens de votre engagement? Vos devoirs, votre âme?
N’avez-vous pas en mémoire la phrase de Churchill :  » si on ne se bat pas pour la culture, mais alors, pour quoi de bat-on? »
Je sais que dans mes très nombreux amis, il y a beaucoup de professionnels des milieux artistiques et des médias attenants…
Merci de relayer, chacun dans vos moyens, ce qui se trame là-bas, à Caen, dans un des fleurons de l’enseignement artistique de France. Nous savons tous que restreindre la proposition, c’est appauvrir l’indépendance, la vivacité et la lucidité de chacun. Et ainsi mieux contrôler encore les masses. Luttons, sans relâche. Relayons pour informer. Personne n’est à l’abri, la preuve.

Sabine Devieilhe

Soprano
Artiste Lyrique de l’année aux Victoires de la Musique Classique 2015
Ancienne élève du CRR de Caen
Auditrice régulière des concerts de l’orchestre de Caen

Le conservatoire de Caen représente pour moi un point de départ, un lieu où émulation artistique et confiance des enseignants savent offrir le meilleur aux apprentis interprètes. C’est là que j’y ai fait mes armes et y ai découvert ma passion, dont j’ai fait mon métier grâce aux outils techniques que mes études m’ont permis d’acquérir.
Apprendre aujourd’hui que les politiques culturelles remettent en question la viabilité de l’établissement et le bon fonctionnement de l’orchestre m’inquiète au plus haut point.
A l’heure où les valeurs de l’enseignement semblent être la clé de notre société, la région et la ville doivent s’unir pour que l’institution du conservatoire et l’orchestre soient la fierté de Caen.
Offrons aux enfants adolescents et mélomanes néophytes ou avertis l’excellence du conservatoire et de l’orchestre de Caen pour que la curiosité toujours soit notre moteur.

Cyrille Dubois

Ténor
Révélation Lyrique aux Victoires de la Musique Classique 2015

J’ai profité d’un conservatoire ambitieux et soutenu par une politique forte en faveur de la culture pour devenir le musicien que je suis aujourd’hui. Il me semble essentiel de sanctuariser le volume des investissements en faveur de l’excellence culturelle afin de pérenniser la place des futurs élèves de Caen dans la vie musicale Française…

Jean-Pierre Pinet

Flûtiste, ensemble Stravinsky
Professeur au CRR de Metz

Il est inadmissible que des lieux de culture tels que ceux-là où se sont nourris tant d’oreilles et de cœurs, disparaissent ainsi ! Sans ces lieux, c’est, dans nos régions, une bonne partie de ce que nous nommons « vivre-ensemble » qui mourra aussi…

Jacques Mauger

Soliste international
Professeur au CRR de Paris
Professeur à la Haute École de Musique de Lausanne (Suisse)

Normand d’origine, j’ai commencé mes études musicales au CRR de Rouen et la musique en Normandie est une tradition qui doit rester au premier plan et surtout de permettre au jeunes musiciens de devenir professionnels grâce au niveau des professeurs au CRR de Caen.

Gilles de Talhouet

Flûtiste, ensemble Utopik
Professeur au CRR de Nantes

Pourquoi briser ce qui nous rassemble, ce qui nous inspire, ce qui nous élève ?
Pourquoi renoncer à un Conservatoire exemplaire, audacieux, dont les professeurs sont de merveilleux musiciens ?
Pourquoi briser l’élan d’un festival renommé (AMA) suivi par un public enthousiaste ?
Pourquoi menacer l’éducation artistique (et civique) de milliers de jeunes collégiens et lycéens ?
Pourquoi assombrir leur vie ?
Je suis très triste de découvrir tout cela.

Jean-Luc Menet

Flûtiste, ensemble Alternance

Il y en a plus qu’assez d’entendre ces politiques de tout poil aussi arrogants qu’incultes nous parler de l’excellence de la France et de sa Culture et de les voir les massacrer à longueur de temps,…les mêmes de feindre de s’étonner de la montée du populisme et de la barbarie…aveuglement et/ou stupidité?

Alain Buet

Soliste international
Chanteur
Professeur au CNSMD de Paris
Directeur artistique « Les musiciens du Paradis »

J’ai, tu as, il ou elle a, nous avons, vous avez, ils ou elles ont besoin de musique, besoin du CRR de Caen et de son bel orchestre .

François Leleux

Soliste international
Hautbois solo aux Münchner Philharmoniker
Professeur à la Musikhochschule de Munich

Je signe parce que c’est indispensable de garder le Conservatoire et l’Orchestre de Caen

Emmanuel Pahud

Soliste international
Flûte solo au Berliner Philharmoniker

Sauvez une structure exemplaire, qui fait rêver les jeunes et les moins jeunes ! Soutenez le travail avec la beauté et les arts, cela fait et fera toujours partie de notre histoire !

Edith Canat de Chizy

Compositrice
Invitée lors d’AMA 2016

Oui, j’ai déjà signé et partagé la pétition. Cette politique est tellement stupide par son ignorance des répercussions qu’elle entraine…

Régis Campo

Compositeur
Invité lors d’AMA 2014

J’ai bien sûr signé la pétition et je transmets : de tout cœur avec vous.

Pierre-Yves Artaud

Flûtiste concertiste
Professeur honoraire du CNSMD de Paris
Chevalier des Arts et des lettres
Docteur honoris causa de l’UMB

Paris, le 9 avril 2016

La ville de Caen est depuis des décennies, dotée d’un ensemble de diffusion et d’apprentissage de la musique exceptionnel. Le conservatoire accueille en son sein des centaines d’élèves chaque d’année, qui y reçoivent un enseignement de très grande qualité, c’est un fait connu et reconnu dans la France entière. De nombreux professeurs se retrouvent également au sein de l’excellent orchestre symphonique avec lequel j’ai eu l’honneur de travailler deux fois. Je peux donc témoigner de sa haute qualité et de la motivation des musiciens qui le composent. Les programmes sont ouverts, variés et intéressants. La liaison entre le conservatoire et l’orchestre fonctionne et le résultat est une vie musicale exemplaire à Caen, dirigée vers des publics variés, nombreux et fidèles. Il serait stupide de parler d’élitisme, le fantasme à la mode. Caen offre à ses administrés le meilleur pour tous, c’est une rareté dont la ville peut et doit s’enorgueillir.
Casser ce magnifique outil et cette complémentarité de deux institutions œuvrant dans le même but serait catastrophique pour de multiples raisons, touchant à l’emploi des professionnels, à l’éducation des jeunes et à la qualité de vie dans cette ville. Les économies ne doivent pas être faites tout le temps sur le dos de la culture, c’est un manque d’imagination navrant ! La culture est un vecteur de cohésion sociale capital, seuls les dirigeants français semblent l’ignorer. L’Italie par exemple vient de constater son erreur et remonte de façon spectaculaire le niveau de subventionnement de ses institutions culturelles. D’autres pays européens (mais pas seulement) font de même pendant que la France continue de casser des institutions admirées par le monde entier. Affligeant !
Il est encore temps de réagir et de stopper les menaces planant sur la culture caennaise. Il faut au contraire cesser la vision uniquement comptable à court terme des budgets culturels, chercher des économies ailleurs, ce n’est pas bien compliqué, et respecter le travail remarquable effectué par les acteurs culturels de Caen. Eux font beaucoup pour leur cité. Si un jour tout est cassé, l’évidence éclatera alors. Il n’est pas nécessaire d’en arriver là pour redresser la barre.

Pierre-Yves Artaud

Stéphanie Loncle

Maître de conférences en Études théâtrales
Membre du laboratoire CRHQ CNRS 6583
Responsable de la Licence d’Arts du spectacle à Université de Caen – Normandie

Au lendemain des attentats de novembre, j’ai demandé aux étudiants ce qu’ils avaient fait pour appréhender cette nouvelle réalité sans sombrer : tous m’ont parlé de musique, de concerts, de théâtre, de danse. La facilité avec laquelle ils ont pu se tourner vers la culture dans ce temps mortifère n’a rien de naturel : elle est le produit d’un territoire exceptionnel, où les pratiques culturelles et artistiques, dans leur plus grande diversité, sont accessibles à tous, dès le plus jeune âge.
Le Conservatoire à Rayonnement Régional est la pièce maîtresse de ce maillage : formation, création, transmission, découverte, professionnalisation, pour la musique, la danse, le théâtre, de tous les horizons et de tous les siècles, les personnels du CRR travaillent au carrefour des cultures, des générations et des institutions.
Le CRR, c’est un lieu pour les familles normandes, pour les étudiants venus de tous horizons pour étudier à Caen, pour les artistes et les enseignants formés au plus haut niveau et parcourant la planète, pour les universitaires, pour les acteurs politiques, sociaux, culturels. On ne compte plus les projets culturels sur le territoire inspirés, animés ou relayés par l’enthousiasme et la vitalité de ses enseignants, de ses praticiens et de ses étudiants.
Les personnels du CRR sont nos collègues, leurs étudiants sont les nôtres, leurs élèves et leur public sont nos familles. L’avenir du CRR est le nôtre : j’apporte mon soutien total à la lutte engagée par l’ensemble des personnels du CRR contre les logiques anti- démocratiques qui sous-tendent la réforme des conservatoires. C’est avec de l’argent public, des services publics et des pratiques démocratiques qu’on construit du commun, dans la culture comme ailleurs. Je ne doute ni de leur détermination, ni de leur force pour obtenir ce dont nous avons tous tant besoin.

Laurent Feneyrou

Musicologue au CNRS
Conseiller pédagogique à l’Ircam
Conseiller musical auprès de la direction de France Culture)

Depuis ses débuts, le festival « Aspects des musiques d’aujourd’hui » a vu se succéder les plus grands maîtres de la création musicale, tout comme leurs interprètes et leurs spécialistes de prédilection. Que Stockhausen, Kagel, Ligeti, Huber, Kurtág, Carter, Penderecki ou Péter Eötvös, pour ne citer que quelques noms parmi les plus fameux de l’histoire de la musique des XXe et XXIe siècles, l’aient honoré de leur présence témoigne de son rayonnement international.
Le festival AMA a, depuis des années, su renouveler ses orientations, en prenant acte de la nécessaire et riche diversité des esthétiques.
Le souhait constant d’un échange entre le public, les compositeurs et les interprètes, mais aussi la volonté manifeste d’adresser l’expérience musicale, ainsi que les outils de sa compréhension, à tous, habitants de la ville et de la région, et bien au-delà encore, en France et à l’étranger, qu’ils soient mélomanes curieux d’art et de culture, musiciens amateurs et professionnels, élèves et professeurs du Conservatoire de Caen, ou encore élèves et enseignants de l’Éducation nationale, en font un festival indispensable à la vie musicale de la ville, de la région et du pays, et l’expression d’un désir de culture dont l’urgence est plus que jamais d’actualité.

Michaël Levinas

Compositeur
Pianiste international
Professeur au CNSMD de Paris
Membre de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France.

À la coordination des personnels du CRR de Caen

Je tiens à exprimer mon total soutien à la défense du CRR de Caen gravement menacé dans ses fondements.
Voici les motivations de mon soutien :
1) Je suis conscient comme toute la communauté artistique française et internationale du rôle que joue cette structure pour la vie musicale et internationale.
2) Haut lieu de la pédagogie et de la création, le CRR de Caen la mer a formé une élite de jeunes artistes qui ont pu ainsi terminer leurs formations au CNSMDP avant d’entreprendre des carrières internationales.
3) Les équipes d’enseignants et de techniciens du son de cet établissement sont réputés pour la compétence qu’ils apportent durant le festival annuel de musique contemporaine.
Les plus grands créateurs sont venus à Caen dans le cadre de ce festival renommé.
4) L’orchestre de grande qualité assure une saison exemplaire qui dynamise la pédagogie si connue de cet établissement.
5) Le CRR s’inscrit dans un contexte universitaire et culturel reconnu. Sa déstabilisation retentirait gravement sur l’ensemble de l’édifice culturel de la région.
Michael Levinas